Par : Rédaction | LYPmagazine
Dans un monde secoué par les tensions géopolitiques, les perturbations logistiques et les guerres commerciales, le Mexique semble mieux placé que jamais. La stratégie de « nearshoring » — soit la relocalisation de chaînes de production près des marchés clés — a propulsé le pays sous les projecteurs. Grâce à sa proximité géographique avec les États-Unis, ses accords commerciaux solides et une main-d’œuvre compétitive, le Mexique apparaît comme un choix stratégique pour les entreprises cherchant à réduire leurs coûts, leurs délais de livraison et leur exposition aux risques mondiaux.
Entre 2024 et 2025, les investissements directs étrangers (IDE) liés au nearshoring ont atteint des niveaux historiques. Plus de 150 projets ont été lancés, représentant des flux de capitaux estimés à plus de 35 milliards de dollars américains. Des États comme Nuevo León, Chihuahua et Coahuila mènent la course, portés par les secteurs de l’automobile, de l’électronique et de la fabrication légère.
Cette dynamique a été renforcée par le Décret sur le Nearshoring, entré en vigueur en janvier 2025, qui offre des incitatifs fiscaux aux entreprises étrangères. Le secteur privé a accueilli favorablement cette initiative, y voyant une réponse stratégique à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment le retrait progressif de la Chine.
Mais cet optimisme s’accompagne de sérieux défis. Le Mexique ne capterait actuellement que 10 % de son potentiel dans cette vague de relocalisation. Le pays fait face à des problèmes structurels : pénuries d’énergie et d’eau, inquiétudes en matière de sécurité, et manque de confiance institutionnelle, alimenté par des réformes controversées comme celle du système judiciaire.
En l’absence d’une stratégie industrielle fédérale cohérente, le risque est que d’autres pays comme le Costa Rica ou le Panama prennent de l’avance. Le manque de main-d’œuvre qualifiée, les tensions commerciales et la fragilité des infrastructures pourraient affaiblir la position du Mexique comme pôle logistique nord-américain.
Selon le Boston Consulting Group, si les goulets d’étranglement sont résolus, le pays pourrait attirer jusqu’à 60 milliards de dollars américains supplémentaires d’ici 2026. Mais cela exigera des mesures urgentes : renforcer les infrastructures, améliorer la formation professionnelle, assurer l’état de droit et établir une vision économique à long terme.
Aujourd’hui, le nearshoring n’est plus une tendance, c’est une nécessité. Dans une économie mondiale instable, la résilience des chaînes d’approvisionnement est cruciale. Le Mexique est bien positionné — mais sans action rapide et concertée, il pourrait rater l’opportunité économique la plus importante de la décennie.

CEO del medio de comunicación LYPmultimedios y GreenInc.